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G.Apollinaire: quelques infos sur sa vie et 5 poèmes que j'aime

1 - Apollinaire, Guillaume : Quelques infos sur sa vie

-       08/1880, né d’Angélica de Kostrowistsky et de père inconnu

-       1899, il prend le pseudo de Guillaume Apollinaire

-       03/1916, blessé à la tête au front, sur le chemin des Dames

-       11/1918, meurt à 38 ans de la grippe espagnole

 

2 -  Clotilde

 

L’anémone et l’ancolie
Ont poussé dans le jardin
Où dort la mélancolie

Entre l’amour et le dédain

Il y vient aussi nos ombres
Que la nuit dissipera

Le soleil qui les rend sombres
Avec elles disparaîtra

Les déités des eaux vives

Laissent couler leurs cheveux
Passe il faut que tu poursuives
Cette belle ombre que tu veux

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

 

3 - Marie

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront

Quand donc reviendrez-vous Marie
Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux

Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux
Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent

Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux

Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras

Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

 

4 – Je t’écris ô mon Lou

 

Je t’écris ô mon Lou de la hutte en roseaux
Où palpitent d’amour et d’espoir neuf coeurs d’hommes
Les canons font partir leurs obus en monômes
Et j’écoute gémir la forêt sans oiseaux

 

Il était une fois en Bohême un poète
Qui sanglotait d’amour puis chantait au soleil
Il était autrefois la comtesse Alouette
Qui sut si bien mentir qu’il en perdit la tête
En perdit sa chanson en perdit le sommeil

 

Un jour elle lui dit Je t’aime ô mon poète
Mais il ne la crut pas et sourit tristement
Puis s’en fut en chantant Tire-lire Alouette
Et se cachait au fond d’un petit bois charmant

Un soir en gazouillant son joli tire-lire

La comtesse Alouette arriva dans le bois
Je t’aime ô mon poète et je viens te le dire
Je t’aime pour toujours Enfin je te revois
Et prends-la pour toujours mon âme qui soupire

 

Ô cruelle Alouette au coeur dur de vautour
Vous mentîtes encore au poète crédule
J’écoute la forêt gémir au crépuscule
La comtesse s’en fut et puis revint un jour
Poète adore-moi moi j’aime un autre amour

 

Il était une fois un poète en Bohême
Qui partit à la guerre on ne sait pas pourquoi
Voulez-vous être aimé n’aimez pas croyez-moi
Il mourut en disant Ma comtesse je t’aime

Et j’écoute à travers le petit jour si froid
Les obus s’envoler comme l’amour lui-même

 

10 avril 1915. Poèmes à Lou (1915)
Poème dédié à la Comtesse Louise de Coligny, dite Lou.

 

5 - Poème à Lou

 

Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne

Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne

 

Le ciel est plein ce soir de sabres d'éperons

Les canonniers s'en vont dans l'ombre lourds et prompts

 

Mais près de toi je vois sans cesse ton image

Ta bouche est la blessure ardente du courage

 

Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix

Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

 

Nos 75 sont gracieux comme ton corps

Et tes cheveux sont fauves comme le feu d'un obus

qui éclate au nord

 

Je t'aime tes mains et mes souvenirs

Font sonner à toute heure une heureuse fanfare

 

Des soleils tour à tour se prennent à hennir

Nous sommes les bat-flanc sur qui ruent les étoiles

 

6 - La nuit descend

La nuit descend
On y pressent
Un long destin de sang

 

 

 

 

 

 

 



26/06/2012
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