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Ecrivains indiens, partie 1: généralités et 11 écrivains à connaitre, texte modifié en 04 2015

 Les écrivains indiens que j’aime

 

Partie 1 :

 

Introduction :

L’Inde compte, sur 1,2 milliard d’habitants 500 millions d'analphabètes et plus de 300  millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté mais malgré cela sa littérature est très abondante, très variée et passionnante..
Les racines de sa littérature, l'une des plus anciennes qui soient, plongent dans les origines d'un pays vieux de plus de cinq mille ans, qui à lui seul est un monde. Un monde aux multiples visages, grouillant de diversités et de contradictions. C'est dans le contraste entre cette histoire omniprésente et un présent en pleine mutation que s'ancre la littérature moderne indienne.

Elle s'écrit d'abord en anglais, considéré par les indiens comme une langue indienne et qui est la seule langue connue sur tout le territoire mais il y a aussi beaucoup de livres écrits en hindi, tamoul, bengali, ourdou, etc.

 . Contrairement à l'occident où le roman a acquis une position exagérément dominante, la situation en Inde est plus équilibrée, les auteurs alternant souvent poésies, romans, nouvelles, et essais parfois. En choisissant de s'exprimer dans leur langue maternelle, ces écrivains utilisent des mots, expressions, et tournures de phrases propres à leur région, seuls capables d'exprimer les subtilités, sensibilités et parfums de leur enfance et de leur terre. La plupart doivent continuer de travailler pour exercer leur métier d'écrivain, et s'ils jouissent parfois d'une certaine notoriété à l'intérieur de l'état où leur langue est pratiquée, ils sont souvent inconnus dans le reste de l'Inde, à fortiori en occident. Cela n'empêche pas les littératures de langues régionales d'avoir une vitalité extraordinaire. Les indiens des classes moyennes lisent beaucoup. La presse, très importante et libre, ainsi que les nombreuses revues littéraires, sont avec leurs interviews, critiques, et débats, un soutien important pour les écrivains. Des bibliothèques, de plus en plus nombreuses, voient le jour jusque dans les villages et les éditeurs sont légions.

Des institutions comme Sahitya Academy et le National Book Trust décernent des prix prestigieux et font ce qu'il faut pour que les livres soient connus du public et traduits dans les autres langues de l'Inde. Certaines langues comme l'oriya, le telugu, le kannada, ou le gujarati n'ont pas la renommée du bengali, du hindi, ou du tamoul, mais toutes possèdent néanmoins leur propre littérature, parfois même très ancienne.

 

Poème traduit du bengali :

Dès que le bras levé tu heurtes les étoiles
De l'eau s'élève un souffle parfumé

Ayant cueilli une ou deux étoiles de la main
Tu les remets en place à l'arrivée du matin

 

Les figures les plus renommées de la littérature indienne, tels Vikram Seth, Amitav Gosh, etc. sont depuis longtemps publiées en France. Mais aujourd'hui, nombre d'éditeurs se passionnent pour l'Inde et veulent nous faire découvrir ses auteurs les plus contemporains :

 

Liste des écrivains indiens

Voici une liste des écrivains indiens que j’aime ou que je veux découvrir en ce moment

 

1 - R. K. Narayan, né à Madras en 1907 et mort en 2001, a produit une œuvre considérable, une fresque sans apitoiements de l'Inde quotidienne et pauvre. Ses personnages sont dépeints avec malice et tendresse. Il a publié ses mémoires en 1974, disponibles entre-autre aux éditions du Rocher ou du Serpent à Plumes

"Swami et ses Amis" (Acropole, le Livre De Poche) : J'ai trouvé très moyen ce livre, un classique et un des plus connu de celui qui était considéré comme le plus grand auteur indien contemporain dans les années  60/70

 Mes jours / mémoires d'un Indien du Sud, (Le serpent à plumes), à lire ?

 

2 - Rohinton Mistry, Rohinton Mistry a passé son enfance à Bombay, où il est né, et vit à Toronto. Il est l'auteur à succès de trois romans : L'Équilibre du monde, Un si long voyage, Une simple affaire de
famille. «Conteur né, Rohinton Mistry pose un regard empathique sur toutes choses. Aucun détail n'échappe à ses petites touches souvent fortes drôles. Excellent dans l'art du dialogue et du portrait.» Magazine Lire 05 2001.

"L'Equilibre du Monde" (Albin Michel, Le Livre De Poche) : Le titre original, "A Fine Balance" colle mieux à ce livre qui m'a beaucoup plu. Dans le même quartier vivent des personnes venues d'horizons très divers et au travers des heurs et malheurs de leurs existences, sur fond d'actualité politique tourmentée et souvent tragique, l'auteur brosse une fresque qui est à la fois l'odyssée d'une nation et une parabole de la condition humaine. La Literary Review considère ce livre comme "une œuvre de génie ..., un roman où s'incarnent toute la souffrance, l'absurdité, mais aussi la beauté d'un pays". Les deux tailleurs, Ishvar et Omprakash, des intouchables " et Maneck, descendu de ses lointaines montagnes pour suivre des études sont les trois principaux personnages de cette grande fresque. Rohinton Mistry réussit un portrait bigarré et sensible qui est tout à la fois une parabole de la condition humaine et l'odyssée d'une nation. Scènes de tendresse, épisodes d'une drôlerie pathétique, séquences de violences et d'horreurs, problèmes politiques en arrière-plan. Nos quatre personnages vivent d'abord entre eux dans un climat de suspicion puis apprennent à se respecter, se considérer, s'aimer et donner un sens à leur vie malgré les difficultés et les malheurs mais tout ne se termine pas comme on le souhaiterait: les pesanteurs familiales et sociales sont là pour rappeler à chacun sa route... Lisez ce livre il ne vous laissera pas indifférent et vous fera réfléchir encore, une fois sa lecture achevée.

"Une simple Affaire de Famille" (Albin Michel, Le Livre De Poche), qui m'a moins enthousiasmé que le précédent, mérite d'être cité. A travers le portrait de la petite bourgeoisie de Bombay, sa ville, l'auteur aborde la grave réalité du traditionalisme rigide et du fanatisme religieux.

Un si long voyage, à lire ?

 

3 - V.S. Naipaul (1932 - ), Prix Nobel de littérature 2001. Cet indien de famille hindoue, né dans les Antilles britanniques et bien que de nationalité britannique et anobli par la reine Elizabeth II en 1990, fait partie de la littérature indienne. Il  écrit plus de 14 romans et plus de 18 essais et réflexions sur le monde actuel (et même sur l'intégrisme musulman !). Il a une belle écriture mais il est trop pessimiste et désabusé pour me plaire vraiment.

"Une Maison pour Monsieur Biswas" (Gallimard, L'Imaginaire) : . Ces "mémoires d'un mal logé", directement inspirées de la vie se son père m'ont intéressé car elles montrent que l'histoire d'une existence humaine simple peut devenir une épopée.

Le masseur mystique (1957) son premier roman (j'ai moyennement aimé), A la courbe du fleuve (1979) a eu beaucoup de succès, L'énigme de l'arrivée (1987), Un drapeau sur l'île,  Un chemin dans le monde, etc...

 

4 - Arundhati Roy,

« Le Dieu des Petits Riens » (Gallimard, Folio) : J'ai beaucoup aimé ce livre, le premier roman de cette écrivaine avec lequel elle obtint le Booker Prize en 1997. L'histoire repose sur cet affreux dilemme : comment survivre quand, après un évènement affreux dont on a été témoin, on vous demande de trahir la vérité pour l'amour d'une mère ? Elle dénonce l'injustice de la société indienne fondée sur le système des castes. Rahel et Estha Kochamma sont jumeaux de sexes opposés. Leurs retrouvailles après 23 ans de séparation douloureuse est l'occasion pour Estha, la fille, de se souvenir.
Réminiscence de leur enfance, de leur profond et mutuel attachement encore amplifié par l'amour qu'ils éprouvent pour leur mère divorcée. Les souvenirs s'enchaînent non par ordre chronologique mais plutôt comme dans les rêves, au gré d'associations d'idées et viennent tous achopper sur le souvenir d'un drame. Ce drame est ébauché par petites touches que la mémoire essaie d'esquiver mais qui finit par se construire, grossir et exploser dans toute sa poignante horreur.
Un récit violent dans une langue magnifique qui nous entraîne dans l'univers de deux enfants trop sensibles et plein d'imagination. le drame, les coups durs ne sont jamais loin...et on les perçoit à travers leurs yeux. "Se taire est un acte politique, de même que protester. Quiconque prend conscience des désastres de la mondialisation n'est plus innocent, il est contraint de s'engager, constate l'Indienne Arundhati Roy"

 

5 - Salman Rushdie,

"Les Enfants de Minuit" (Le Livre De Poche) : Malgré sa nationalité britannique, il me paraît impossible de ne pas l'inclure dans la littérature indienne. Je ne sais pas si, comme beaucoup le disent, c'est son livre le plus réussi et le plus attachant mais, en tout cas, j'ai beaucoup aimé ce roman qui a reçu le Booker Prize en 1981.

 "Le Dernier Soupir du Maure" (Gallimard, Folio), conte sensuel, picaresque, comique et parfois déjanté, mérite d'être signalé.

 Les versets sataniques ; si Nietzsche avait pu lire Rushdie, il aurait certainement dit qu'il se trouvait 'par delà Bien et Mal'. Monsieur Khomeyni l'avait certainement mal lu. En effet, la lecture des "versets sataniques" est enrichissante, car ce mélange de religion, de philosophie, de politique avec une touche d'un style romantique peu utilisé, et en fond ce sens de l'intrigue novateur, pousse la réflexion et l'imagination du lecteur dans des endroits qu'il n'avait peut être encore jamais exploré. On se demande souvent "mais où Rushdie veut-il en venir ?". Lui seul le sait. Un livre à lire et relire, à chaque fois différemment

 

6 - Vikram Seth,

"Un Garçon Convenable" (Grasset, Le Livre De Poche) : une merveille, si l’on veut vraiment connaitre l’Inde dans sa diversité.  Ce gros roman en deux tomes est à la fois une saga familiale et une fresque historique d'une société placée entre ses traditions millénaires et son entrée dans le XXème siècle, et de l'Inde provinciale des années cinquante, indépendante de fraîche date. A lire impérativement avant de se rendre en Inde.

"Deux Vies - Une Chronique Familiale", assez moyen, mérite d'être retenu ?

Quatuor - Ce très beau roman, au style parfaitement maitrisé est incontestablement une réussite. Baignant dans le milieu de la musique de chambre, cette histoire laisse dans la mémoire de ses lecteurs une empreinte aussi vive qu'un quatuor de Schubert.

 

7 - Vikas Swarup,

 "Les fabuleuses Aventures d'un Indien Malchanceux qui Devint Milliardaire" (Belfond, poche 10/18). Livre duquel a été tiré le film "Slumdog Millionaire". Beaucoup ont, comme moi aimé le film et le livre, mais le livre est mieux et plus passionnant que le film.

 Splendeur et misère de l'Inde d'aujourd'hui ou les rocambolesques aventures d'un gamin des rues qui rêve de devenir quelqu'un. Une galerie de portraits colorée, un voyage dans les recoins les plus sombres, d'un pays fascinant, une construction brillante pour une oeuvre originale. Quand le jeune Rani Mohammad Thomas devient le grand vainqueur de " Qui veut gagner un milliard de roupies ? ", la production soupçonne immédiatement une tricherie. Comment un serveur de dix-huit ans, pauvre et inculte, serait-il assez malin pour répondre à douze questions pernicieuses ? Accusé d'escroquerie, sommé de s'expliquer, Ram replonge alors dans l'histoire de sa vie... Du prêtre louche qui laisse trop volontiers venir à lui les petits enfants à la capricieuse diva de Bollywood, du tueur à gages fou de cricket au diplomate australien qui espionne sa propre famille, des petits mendiants des bidonvilles de Bombay aux touristes fortunés du Taj Mahal, au fil de ses rencontres, le jeune homme va apprendre que la fortune sourit aux audacieux...

 

8 - Rabindranath Tagore, prix Nobel de Littérature en 1913

"Gora" (Le Serpent à Plumes, Motifs) : c'est à la fois un roman politique et culturel sur l'Inde, et une vaste histoire d'amour et d'amitié. (un peu difficile à lire)

 "La Maison et le Monde" (Petite Bibliothèque Payot), récit à trois voix qui se croisent et se répondent, et de tradition et de modernité qui se heurtent.

 

9 - Anita Desai, Née en 1937 à Mussoorie de père bengali et de mère allemande, Anita Desai est élevée dans un milieu trilingue (allemand, hindi et anglais). Elle passe une licence d’anglais à l’université de Delhi en 1957. Anita Desai excelle dans l’évocation des personnages et de leur psychologie à travers l’emploi d’images visuelles allant des phénomènes météorologiques à la botanique. L’ampleur de son œuvre la place sans aucun doute au premier rang des romancières et nouvellistes contemporaines. Après ses premiers textes où règne une atmosphère de calme apparent cachant des tempêtes de passion, Anita Desai a maintenant atteint la maturité artistique. Elle est
la mère de l’écrivain Kiran Desai.

Son premier roman, Cry, the Peacock (1963), aborde la question de l’oppression des femmes indiennes, sujet qu’elle reprendra dans

Où irons-nous cet été ? (1975) , à lire ?

Le jeûne et le festin , à lire ?

Un parcours en zigzag. , à lire ?

 Ses romans sont idéaux pour découvrir la littérature indienne ; à la fois drôles et sombres.  Ils décrivent souvent des femmes dans leur quotidien, en proie à des déchirements intérieurs (ex : Le jeûne et le festin). Depuis peu Anita Desai ouvre ses romans à d'autres univers, comme le Mexique, vu par un étudiant américain dans Un parcours en zigzag.

 

10 - Amitav Ghosh: voir un article spécial uniquement sur cet écrivain passionnant, article écrit avec JC. Devaud et publié le 08 04 2015. 

 

11 - Suketu Mehta :

Bombay maximum city : Toujours chez Buchet-Chastel, une enquête sur le Bombay de jour et de nuit et ses habitants - prostituées, tueurs, indics', politiciens, stars de Bollywood… Cette "biographie urbaine", abordant tous les extrêmes de Bombay, la plus grande mégapole d'Asie, sait cependant être aussi un récit très intime.

 

Fin de la partie 1

 

 

Article modifié le 24 12 2014 et le 09 04 2015



09/04/2015
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