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Inde: Tamil Nadu, un Etat très attachant : Partie 1 : Généralités, Chennai et Mahabalipuram , publié le 10 09 2013

Inde: Tamil Nadu, un Etat très attachant : Partie 1 : Généralités, Chennai et Mahabalipuram

 

Nous avons visité le Tamil Nadu en 02 2004 avec 4 amis (Monique et Robert, Monique et Antoine) ;  ce fût un voyage merveilleux et nous avons conservé depuis cette époque des liens avec cette région et notre petite agence de Chennai.

 

1 – Généralités en 2012, 2013

Superficie 131 000 km2 et environ 73 millions hab. (au 7e rang des États indiens les plus peuplés et avec 72% de personnes sachant lire et écrire).

Le Tamil Nadu est plus riche et plus urbanisé que la moyenne nationale.

La capitale de l'État est Chennai, autrefois appelée Madras : quatrième ville de l’Inde par la taille, port et ville industrielle (dont automobile mais aussi une centrale nucléaire à 70 kms avec 2 réacteurs de 220 MW, un centre de recherches sur le traitement des combustibles usés et des déchets nucléaires et enfin un réacteur à neutrons rapides de 500 MW en construction pour production en 2015).

Les autres villes importantes sont : Coimbatore : ville industrielle (dont textile) située à l'ouest de l'État ; Madurai : capitale culturelle et cœur du pays tamoul ; Salem : centre important de production textile ; Trichy : elle a un aéroport international ; Vellore : ville industrielle.

C’est aussi le premier État indien producteur de jasmin, avec une production annuelle de 77 250 tonnes

 

 

2 – Littérature

Parmi  les grandes langues dravidiennes (tamoul, telugu, kannara et malayalam), le tamoul, avec un passé littéraire de plus de deux millénaires,  est la plus ancienne. Il a été le mode d'expression de la seconde grande culture de l'Inde après le sanskrit, et c'est par l'intermédiaire du tamoul que
l'influence indienne a rayonné dans l'Asie du Sud et du Sud-est, et même jusqu'en Chine  (aux 13ième et 14ième siècles).

 

 Le vocabulaire a sans doute vieilli mais les œuvres anciennes restent encore accessibles aux lettrés d'aujourd’hui. Les premières œuvres qui nous sont parvenues (300 BC à 100 AD) consistent en une grammaire élaborée, huit anthologies et dix longues chansons. Elles présentent un grand intérêt documentaire par le tableau de la vie de l’époque et les détails sur les relations extérieures du pays tamoul avec les pays méditerranéens. Son intérêt littéraire n’est pas moindre car ces œuvres dévoilent déjà un art consommé. La caractéristique de cette littérature est sa distinction thématique en œuvres de agam, c’est-à-dire l’amour et celles de pouram soit tout le reste. Pendant cinq siècles environ la préoccupation éthique prédomine, puis l’élan mystique au cours des cinq siècles suivants. A partir du 10ième siècle la littérature tamoule s’enrichit sous l’effet de diverses influences, l’influence sanscrite d’abord, puis celle de l’islam et enfin celle du christianisme. Au cours du 18ième  siècle la littérature anglaise pénètre en force et provoque l’éclosion des œuvres de facture européenne. Mais tout au long de cette évolution l’essentiel de la tradition s’est maintenu. A partir du 20ième siècle la littérature écrite devient populaire.

 

Citons ici Bama, jeune auteur tamoule : c’est une Dalit (intouchable),  née en 1958 en pays tamoul et elle est aujourd'hui enseignante. Son livre « Sangati (L'Assemblée) » est sa première œuvre majeure traduite en français : ce livre se bat contre les injustices faites aux femmes dalit. Forte de son expérience personnelle, elle décrit, avec un regard incisif et sans concession, le fardeau de l'intouchabilité, l'hypocrisie de l'institution catholique, l'ignominie de certains maris et hommes de hautes castes, mais aussi des femmes. « C'est vous les femmes qui traitez les garçons d'une façon, et les filles d'une autre ». « Tout se fera et se défera avec les femmes. » Une position courageuse et optimiste de la part de cette femme dalit, chrétienne et célibataire de surcroît, loin des attitudes dénonciatrices et généralisatrices de certains moralisateurs occidentaux.

 

 

3 – les sites visités :

 

31 - CHENNAI, avec son marché et ses pécheurs

 

 32 - KANCHIPURAM, la première capital du royaume des Pallavas, qui avait 1000 temples et il en reste encore 124 tels que Ekambareshwara (avec son gopuram de 59 m de haut) et Devaradarajaswami (avec un hall de 96 piliers sculptés).

 

33 - Tirukalikundram (“Colline des aigles sacrés”, temple avec 550 marches). 

 

34 - MAHABALIPURAM  site inscrit au Patrimoine Mondial UNESCO: Cet ensemble de sanctuaires, dû aux souverains Pallavas, fut creusé dans le roc et construit aux 7ième et 8ième siècles et témoigne avant tout de la civilisation pallava du sud-est de l'Inde. L'influence des sculptures de Mahabalipuram, caractérisées par la douceur et la souplesse de leur modelé, s'est étendue sur une aire géographique très vaste (Cambodge, Annam, Java).

Fondé par les souverains pallavas  au VIIe siècle, le port de Mahabalipuram commerçait avec les royaumes lointains du sud-est de l'Asie : le Cambodge,  Malaisie, Sumatra et Java) et l'Empire de Champa (Annam). Mais la célébrité de son port fut bientôt éclipsée par celle des sanctuaires rupestres et des temples qui y furent construits ou décorés entre 630 et 728.

Ces monuments se répartissent en cinq catégories :

-       les temples ratha en forme de chars processionnels, qui sont des constructions monolithes creusées dans des blocs de diorite résiduels qui émergeaient du sable. Les cinq ratha méridionaux, qui sont les plus célèbres, remontent au règne de Naharasimhavarman Mamalla (630-668), le grand roi pallava.

-       les mandapa, sanctuaires rupestres formés de salles dont les parois sont couvertes de bas-reliefs (mandapa de Varaha, qui représente les actes de cet avatar de Vishnou ; le mandapa des Cinq Pandava et, tout particulièrement, le mandapa de Krishna et celui de Mahishasuramardini).

-       des reliefs rupestres en plein air illustrent un épisode populaire de l'iconographie de Shiva, celui de la descente du Gange : à la demande du sage roi Baghirata, Shiva ordonna au Gange de descendre sur terre et de nourrir le monde. Les sculpteurs ont utilisé les fissures naturelles de la colline pour suggérer cet événement cosmique auquel assistent une foule de dieux, de déesses, de personnages mythiques et d'animaux sauvages ou domestiques.

-       des temples construits en pierre taillée, comme le temple du Rivage édifié par le roi Rajasimha Narasimhavarman II (695-722), avec sa haute tour pyramidale à gradins et ses milliers de sculptures célébrant la gloire de Shiva (mais, ayant été endommagé par l'action corrosive de l'eau de mer et de l'air, ses sculptures ont aujourd'hui à peu près disparu.

-       des ratha monolithes, sur un à trois niveaux, qui présentent une grande variété de formes architecturales : les ratha Dharmaraja, Arjuna et Draupadi sont carrés, les ratha Bhima et Ganesa rectangulaires et le ratha Sahadeva absidé. L'architecture complexe, qui culmine avec la construction du temple du Rivage, y a été introduite sur une large échelle par Pallava Rajasimha (700-728).

 

. MAHABALIPURAM reste, même encore aujourd’hui, une ville de sculpteurs sur granit et nous avons été les voir. 

 

 

 

 

NB – la suite de notre voyage au Tamil Nadu dans un autre article avec Pondichéry, Tanjore, Trichy et Madurai.

 

Article mis sur mon blog le 10 09 2013

 

 



10/09/2013
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