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Les sikhs et le sikhisme en Inde et mondialement, avec mes photos, modifié le 28 04 2014

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Les sikhs et le sikhisme en Inde et mondialement

 

1 - Les sikhs

Le sikhisme compte aujourd'hui 25 à 30 millions de fidèles, essentiellement en Inde et au Pakistan mais il y a aussi une présence significative en Angleterre, au Canada, en Malaisie, Singapour, Indonésie, aux Etats Unis, au Kenya et en Australie. Ils sont une composante intéressante de la diversité indienne, même s’ils ne représentent que 2% de la population indienne soit environ 20 millions. Les Sikhs sont installés principalement au Pendjab, pour 80 % d'entre eux, mais aussi dans la région de Delhi.

Nous étions en 02 2014 au Madhya Pradesh avec 5 amis et nous en avons vu dans plusieurs villes, à Gwalior par exemple (voir photo) mais surtout à Omkareshwar (voir photos), ville sainte pour les hindous, mais où il y a aussi un célèbre  Gurdwara (sanctuaire sikh) car cette ville a été visitée vers 1500 par Nanak Guru, le premier Guru de la religion sikhe. Voir aussi le texte et la photo en fin d'article sur le Gurdwara de New Delhi.

Quelques Sikhs célèbres à l'époque contemporaine : tous, sauf les athlètes ont gardé le turban sikh.

Manmohan Singh : premier ministre de l'Inde ; Montek Singh Ahluwalia : grand économiste indien, actuel directeur de la Planning Commission of India. Giani Zail Singh : ancien président de l'Inde ; J.J. Singh : ancien chef de l'armée indienne

Sant Singh Chatwal : millionnaire américain, fondateur de la chaine d'hôtel Hampshire Hotels & Resorts ; Malvinder Singh : milliardaire indien, fondateur de la firme pharmaceutique Ranbaxy Laboratories

Narinder Singh Kapany : physicien américain, connue comme étant « le père de la fibre optique ». Abhinav Bindra : premier athlète indien à gagner une médaille d'or aux jeux olympiques en tir, en 2008.

 

2 – Le sikhisme

Histoire

Le sikhisme, originaire du Pendjab, dans le nord-ouest de l'Inde, est devenu rapidement une religion pouvant rivaliser avec l'islam qui était déjà bien implanté dans cette même région.
Les sikhs ont donc fait l'objet de persécutions, notamment le 5ème guru, Arjun Dev et le 9ème, Teg Bahadur, de sorte que le pacifisme, qui était de règle du temps de Nanak, a été remplacé par un engagement armé avec le 10ème guru, Gobind Singh. Mais cela n'a abouti qu'à une sévère défaite en 1716 et à un repli dans les montagnes du Pendjab. Un état autonome a vu le jour en 1750, et a duré jusqu'en 1849, date à laquelle les colons britanniques l'ont annexé.
Les sikhs ont cessé leur coopération avec les britanniques en 1919, lorsque ceux-ci ont massacré des fidèles dans le Temple d'Or, lieu saint sikh.
La partition de l'Inde en 1947, ayant entraîné celle du Pendjab (une moitié est au Pakistan), la revendication à posséder un état indépendant n'a cessé et s'est traduite, en 1984, par un assaut de l'armée indienne contre le Temple d'Or, une nouvelle fois. En représailles, Indira Gandhi, alors premier ministre, a été assassinée par un sikh faisant partie de ses gardes du corps.

Les dix gurus

Les dix gurus du sikhisme ont été:

Guru Nanak (1469-1538) , Guru Angad (1538-1552), Guru Amar Das (1552-1574), Guru Ram Das (1574-1581), Guru Arjun Dev (1581-1606), Guru Har Gobind (1606-1644), Guru Har Rai (1644-1661), Guru Har Krishan (1661-1664), Guru Teg Bahadur (1664-1675) et Guru Gobind Singh (1675-1708)

La doctrine

L'enseignement est basé sur l'unicité et la souveraineté de Dieu, qui s'exprime à travers les Gurus. Guru Nanak, qui avait des amis hindous et musulmans, respectait leurs religions, mais leur reprochait d'accorder trop d'importance aux rituels, obstacle majeur selon lui de la relation avec Dieu. Il a donc opéré une synthèse des deux. En cela, il reprend la position de Kabir, un soufi connu pour sa grande tolérance religieuse.
Le sikhisme est cependant plus près de l'hindouisme que de l'islam; en cela qu'il retient la loi de réincarnation, avec ses multiples renaissances pour atteindre la purification, en délaissant l'ego et les attachements au monde terrestre, en pratiquant la dévotion, ce que facilite la méditation sur le nom de Dieu et la récitation du "Mul Mantra".
Nanak se rapproche non pas de l'islam orthodoxe (qui place le fidèle dans la séparation avec Dieu, comme le christianisme) mais du soufisme, lequel contient le concept d'union avec Dieu, dans la doctrine de l'Un et l'Unique.

Guru Nanak a demandé à ses fidèles une parfaite obéissance, faisant du sikhisme une religion d'autorité.

Nanak conseille aux fidèles de ne pas prolonger leur cycle de réincarnations par une vie hors de Dieu en optant pour l'égoïsme, les plaisirs charnels et une vie matérialiste L'idéal moral est très élevé: dévotion, loyauté et droiture, humilité et obéissance, générosité et hospitalité, pardon, renoncement à soi-même et fraternité.
Une grande importance est attachée aux qualités familiales : fidélité conjugale, amour des parents pour leurs enfants et réciproquement.

Les enseignements de Nanak (et de ses successeurs) ont été écrits en vers dans le livre sacré du sikhisme, ou "Adi Granth".

Les fêtes célèbrent la naissance et la mort des 10 gurus, et la date anniversaire de la création de l'ordre de khalsa

Le « Khalsa »

L'entrée dans le "khalsa", ordre sikh le plus prestigieux fondé par Gobind Singh, est la cérémonie la plus importante. Les sikhs hommes doivent alors respecter les "5 k":

Le kesh: barbe, poils er cheveux non coupés, le khanga: peigne en bois, le kachcha: pantalon court, le kara: bracelet de protection magique en acier, porté au bras droit, le kirpan: sabre à double tranchant.

Le port du turban est aussi obligatoire.
Les personnes qui portent un uniforme et prennent à cœur de discipliner leur aspect extérieur sont plus à même de réaliser leur but et d'acquérir un sens réel de la fraternité que ceux qui ne se fixent aucune discipline particulière. Un Sikh sans ces symboles n'a pas d'identité.
Ceux qui coupent leurs cheveux et taillent leur barbe ou contreviennent aux règles fondamentales de l'Ordre sont considérés comme 'apostas"

Le Turban fait partie intégrante de la vie d’un(e) Sikh. En public, un(e) Sikh doit toujours porter un Turban. Les femmes portent un petit Turban qui s’appelle un « keski » Le Turban couvre les cheveux non-coupés d’un(e) Sikh. Comme ça, les cheveux restent nets et propres. Le Turban symbolise l’humilité, la spiritualité, la dignité et le respect de soi.

Un Sikh peut porter un, « patka » (un petit Turban), pour faire du sport. Les enfants portent aussi « un patka » (voir photos). Le port du Turban seulement ne fait pas un bon Sikh. Il s’agit de garder l’amour pour Dieu dans le cœur et de faire des bons actes. Sans ces qualités, la forme extérieure est sans signification. Un uniforme royal doit aller de pair avec les actes royaux.

Problèmes actuels des sikhs en Occident

Parfois ils sont confondus avec les musulmans et ainsi maltraités. De plus le respect des « 5k » de la Khalsa dans les lieux publics  est difficile ou impossible dans certains pays occidentaux. La Cour européenne des droits de l'homme a estimé en 1978 que l'obligation, pour les Sikhs motocyclistes, de porter un casque (en abandonnant leur turban) n'est pas contraire à la Convention européenne des droits de l'homme. En France, la loi de mars 2004 visant à interdire le port « ostensible » de symboles religieux dans les écoles publiques conduit désormais régulièrement à l'exclusion de l'enseignement public des lycéens et collégiens Sikhs refusant d'ôter leurs turbans. Mais dans les pays anglo-saxons il leur est permis très souvent de respecter les « 5k : au Canada le port du kirpan par un élève, dans la mesure où le kirpan est porté dans des conditions sécuritaires (lame cousue dans son étui) est permis dans les écoles publiques, en plus du turban (décision en 2006). Au Royaume-Uni, les Sikhs sont exemptés de l'obligation de porter un casque sur un deux-roues motorisés, s'ils portent un turban et c’est dans ce pays qu’il y a la gurdwârâ la plus grande d’Europe.

NB – Ce problème de la difficulté (ou impossibilité) de l’application des « 5k » dans le domaine public à cause des lois et contraintes du monde moderne (et la lutte des sikhs pour les appliquer) est le seul aspect négatif de cette religion. Cela fait aussi réfléchir sur la notion de laicité dans nos législations. 

La femme dans la société Sikhe
La femme est considérée comme une part importante de la communauté Sikhe. On lui doit la plus extrême vénération pour son rôle dans la famille et la Société. La naissance d'une fille n'est pas considérée comme une malchance; il n'existe pas non plus de coutume telle que Sati - la mort d'une veuve sur le bûcher funéraire de son mari décédé. Au contraire, une femme veuve a le droit de se remarier si elle le désire.

Une femme a la même âme qu'un homme, elle a un droit égal au progrès spirituel, à assister à des offices religieux, à réciter les hymnes divins au temple Sikh. Elle est également en droit de participer et d'officier à toute cérémonie y compris le baptême.

Les femmes Sikhes ne portent pas le voile (Purdah). Le paiement d'une dot et le divorce ne sont pas autorisés. Porter des vêtements qui dénudent le corps et éveillent des pensées luxurieuses est considéré comme déshonorant.

Le   Gurdwara

Le Temple Sikh est appelé Gurdwara. Ils sont nombreux,   plus de 2000 en Inde, beaucoup sont de véritables lieux de pèlerinages, le   plus connu étant le Temple d'Or à Amritsar, avec Anandpur et Nankana. Le   Temple d'Or, 16ème siècle, lieu sacré du sikhisme à Amritsar, a été fondé par   le 4ème guru.

Dans chaque Gurdwara, les Saintes Ecritures Sikhes sont installées dans le hall principal, utilisé pour la prière et l'office quotidien.

Voir plus haut l’information sur le gurudwara d’Omkareshwar.

Toute personne peut le visiter, quelle que soit sa caste, sa croyance, sa culture ou sa nationalité. Avant d'entrer dans le Gurdwara, il convient de se déchausser et de se couvrir la tête. En entrant dans le hall principal, chacun s'approche du Saint Livre, s'incline révérencieusement devant lui et va prendre sa place.
Tout Sikh, homme ou femme, peut diriger les prières et célébrer l’office.
L'office débute par le chant des hymnes avec les instruments de musique. En certaines occasions, les chants sont entrecoupés de lectures, de poèmes ou d'autres textes mettant en valeur des événements de l'histoire des Sikhs. L'office s'achève par Ardas, la prière qui invoque les bénédictions de Dieu accordant paix, prospérité et protection à toute l'humanité.

A New Delhi, un soir nous avons visité l'extérieur d'un Gurdwara, c'était très beau (voir photo)P1070334.JPG

 

3 – Conclusion

Le sikhisme est, à mon avis, une religion monothéiste valable, avec de très bons principes, sur la femme en particulier, et aussi sur les vertus de l’humilité, générosité, loyauté, amour et fidélité dans le mariage et la fraternité, vertus à pratiquer dans la vie quotidienne.

 

Article mis sur mon blog le 20 04 2014 et complété le 28 et 29 04 2014.

 

 

 



20/04/2014
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