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Paul VALÉRY (1871-1945): Sa biographie, un poète et un philosophe 26 08 2013

Paul VALÉRY (1871-1945):  Sa biographie

 

Ambroise Paul Toussaint Jules Valéry est un écrivain, poète, philosophe et épistémologue français, né à Sète (Hérault) le 30 octobre 1871 et mort à Paris le 20 juillet 1945.

Né d’un père d’origine corse et d’une mère génoise, Paul Valéry entame ses études à Sète chez les dominicains, puis au collège de Sète et enfin au lycée de Montpellier. Il commence en 1889 des études de droit. Cette même année, il publie ses premiers vers dans la Revue maritime de Marseille. Sa poésie de cette époque s’inscrit dans la mouvance symboliste.

En 1894, il s’installe à Paris, où il commence à travailler comme rédacteur au ministère de la Guerre, et où il se lie avec Paul Léautaud. Il reste distant de l’écriture poétique pour se consacrer à la connaissance de soi et du monde. Depuis 1900 jusqu’en 1922, secrétaire particulier d’Édouard Lebey, administrateur de l’agence Havas, il s’affaire chaque matin aux petites heures à la rédaction de ses Cahiers, journal intellectuel et psychologique dont l’essentiel n’est publié qu’après sa mort.

En 1900, il épouse Jeannie Gobillard, une cousine germaine de Julie Manet (elle même fille de Berthe Morisot et d’Eugène Manet, le frère d’Edouard Manet) qui épouse le même jour Ernest Rouart. Le couple Valéry-Gobillard aura trois enfants et demeurera lié au couple Rouart-Manet (qui aura trois fils), à tel point que les deux familles partageront aussi leurs vacances dans la propriété « Le Mesnil », achetée par Berthe Morisot et Eugène Manet sur les bords de Seine, en aval de Meulan. Paul Valéry suit les « mardis de Stéphane Mallarmé, Rue de Rome », séminaire qui a lieu au domicile du poète dont il restera l’un des plus fidèles disciples.

 

En 1917, sous l’influence de Gide notamment, il revient à la poésie avec « La Jeune Parque », publiée chez Gallimard. Il brise un ‘long silence’ avec ce poème de 500 vers auquel il a consacré quelque quatre années. Ce poème est  considère comme son chef d’œuvre: le monologue intérieur d’une jeune femme en proie à un combat entre le corps et l’esprit, écrit dans un formalisme digne de son maître Mallarmé.

 

Un autre grand poème suit quelques années plus tard : « Le Cimetière marin » (1920), puis un recueil, « Charmes » (1922). Toujours influencé par Stéphane Mallarmé, Paul Valéry privilégia toujours dans sa poésie la maîtrise formelle sur le sens et l’inspiration : « Mes vers ont le sens qu’on leur prête ».

Après la Première Guerre mondiale, Paul Valéry devient une sorte de « poète officiel », immensément célèbre et comblé d’honneurs. En 1925 il est élu membre de l’Académie française. En 1932, il entre au conseil des musées nationaux et  en 1937, on crée pour lui la chaire de poétique au Collège de France. Son œuvre véritable, pendant ce temps, continue toujours dans l’ombre. La profondeur des réflexions qu’il a émises dans des ouvrages exigeants (Introduction à la méthode de Léonard de Vinci, La soirée avec monsieur Teste), ses réflexions sur le devenir de la civilisation (Regards sur le monde actuel) et sa vive curiosité intellectuelle en ont fait un interlocuteur de Raymond Poincaré, Louis de Broglie, Henri Bergson et Albert Einstein.

 

Sous l’Occupation, Paul Valéry, refusant de collaborer, prononce en sa qualité de secrétaire de l’Académie française l’éloge funèbre du « juif Henri Bergson » et cette prise de position lui vaut de perdre ce poste. Il meurt le 20 juillet 1945, et il est inhumé à Sète, au cimetière marin qu’il avait célébré dans un poème.

Les essais de Valéry traduisent ses inquiétudes sur la pérennité de la civilisation (« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles »), l’avenir des « droits de l’esprit », le rôle de la littérature dans la formation, et la rétroaction du progrès sur l’homme etc. Sa correspondance avec André Gide a été publiée à la NRF en 2009.

 

S’il s’inspire librement de Descartes en ce qui concerne une certaine méthode du « penser », il est en revanche très critique sur le discours philosophique lui-même. Pour Valéry, le philosophe est plus un habile sophiste, manieur de concepts, qu’un artisan au service du Savoir comme l’est le scientifique. En revanche, son désir de comprendre le monde dans sa généralité et jusqu’au processus de la pensée lui-même — caractéristique du philosophe — oriente fortement son travail.

 

Article mis sur mon blog le 26 08 2013paul valery.png

 



26/08/2013
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