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La Flore des forêts françaises et européennes : partie 1 : étymologies et forêts vierges. modifié le 22 04 2013

La Flore des forêts françaises et européennes : partie 1 : étymologies et forêts vierges (ou primaires).

 

1 – Etymologies de certains mots de la flore et de la faune de nos forêts.: C’est parfois surprenant :

-       Maquis : du corse « macchia », venant du latin « macula » : tache car le maquis forme des taches au flanc des collines. 

-       Garrigue : vient du provençal « garric » qui désigne le chêne kermès et le mot provençal viendrait du latin "quercus"

-       Pollen : farine, en latin, cf. polenta !

-       Venaison : vient du latin « venatio » : chasse.

 

-       Hêtre : vient du francique « haistr » mais il est aussi nommé « fau, fou, fayard » d’après son origine latine « fagus » mais aussi c’est « bagos » en gaulois, « beech » en anglais et cela a donné « book » (et bouquin de nos jours) car on écrivait peut-être sur des tablettes de hêtre en Europe du Nord ! Les « faux de Verzy » dans la montagne de Reims sont des hêtres de type "tortillard".

-       Chênes : vient de "cassanos" en gaulois et c’est le seul mot qui ait survécu pour désigner l'arbre précis. "Quercus" : voilà le nom savant du chêne. Il n'a pas survécu en français courant, ou presque, comme le garric et donc la garrigue à partir du provençal, comme indiqué plus haut mais cela reste marginal. Le nom du chêne (d'abord chasne vers 1100) vient aussi du latin populaire "casnus" (866). Il y a deux formes possibles, une avec « ch » dans presque tout le domaine d'oïl, une avec « qu » principalement dans le domaine normano-picard puisque la chuintante était ignorée par les envahisseurs vikings. Les formes "Quesnay" ou "Lachenay" sont donc strictement synonymes, dans les deux cas on a affaire à un lieu de chênes. Le mot « æsculetum » dénommait une forêt de chênes : on y retrouve la racine indoeuropéenne « aig » pour « chêne » au début du mot latin. Le mot oak, « chêne », provient aussi de là. La même racine se retrouve dans l'allemand "Eiche" et "Korkeiche" (chêne-liège)

 

2 – Forêts primaires ou vierges en Europe :

Oui, il y en a encore quelques unes, heureusement pour l’éco-diversité,  les voici :

Bialowieza, en Pologne et Biélorussie : c’est la plus importante : elle couvre  125 000 ha ; protégée depuis 1999, au Patrimoine mondial UNESCO en tant que réserve de biosphère ; les essences principales sont les chênes et les tilleuls. Cette forêt est une forêt primaire restée à l'écart de la plupart des influences humaines. Une réserve naturelle forestière a été constituée en 1932 à cheval sur deux pays, trois ans après la réintroduction des bisons dans le massif pour qu'ils puissent y vivre en liberté. Du côté polonais, la forêt protégée occupe plus de 100 km2 ou plus de 10 000 ha. En Biélorussie, elle est aussi bien protégée et même on ne peut presque pas la visiter, contrairement à la partie polonaise où il y a un tourisme contrôlé.

Durmitor au Monténégro : ce parc recouvre plus de 30 000 ha et les parties de basse montagne ont été un peu abimées durant les guerres de Bosnie de 1992/1995 mais elles ont été remises en état depuis ; il comporte cinq canyons, une multitude de grottes et une cinquantaine de sommets de plus de 2 000 m, parmi lesquels le Bobotov Kuk (2 522 m), point culminant de la chaîne; ; façonné par les glaciers et découpé par les rivières et les eaux souterraines, il a une beauté naturelle très saisissante : le long de la Tara, une rivière sauvage avec des gorges les plus profondes d’Europe (1300 m de profondeur); les forêts primaires de pins noirs sont parsemées de lacs aux eaux limpides (plus de 17 lacs glaciaires dont le célèbre Crno Jezero (le « lac noir »), serré au pied du mont Medjed) et abritent une importante flore endémique. Il y a aussi plus de 6 espèces d’ifs spécifiques à ce parc : signalons que les ifs vivent très souvent plus de 1000 ans ! Dans la faune signalons la présence des ours bruns et des loups. Il faut aller visiter ce parc et faire du tourisme aussi dans tout le Monténégro, c’est superbe !

Suisse : Elle possède trois petites forêts sauvages, préservées de toute intervention de l'homme, à Derborence (Valais), Bödmeren (Schwytz) et Scatlé (Grisons). Toutes trois sont demeurées intactes en raison de leur emplacement dans des pentes raides et inaccessibles. Elles constituent des réserves naturelles, dont l'accès est limité aux seuls scientifiques, qui y conduisent des travaux de recherche.
Pour des questions d’espace, les forêts primaires suisses de Scatlé et de Derborence, n’ont pas de zone tampon. Même le parc national dans les Grisons n’est entouré par endroits seulement de telles zones intermédiaires. La forêt vierge la plus grande de Suisse, la forêt primaire de pins sylvestre de Bödmeren dans la Vallée de Muota, s’étend sur une surface qui ne fait pas plus de 150 hectares !!. Le cœur de la réserve de Derborence, la forêt vierge dite de l’Ecorcha couvre une surface de 25 hectares et renferme des sapins monumentaux pouvant atteindre 450 ans et 44 mètres de hauteur. Cette forêt doit la conservation de son caractère original aux difficultés d’accès et de transport des bois. La forêt primitive alpine de Scatlè dans les est la plus haute forêt primitive d’épicéas d’Europe mais ne recouvre que 9 ha.

Allemagne, Slovaquie, Ukraine : Les forêts primaires de hêtres des Carpates et les forêts anciennes de hêtres d'Allemagne. En 2011 il y a eu une nouvelle inscription portant sur cinq forêts d’Allemagne couvrant 4391 hectares, qui s'ajoutent aux 29278 hectares de forêts de hêtres slovaques et ukrainiennes inscrites sur la liste du patrimoine mondial en 2007 : on arrive donc à 33 670 ha avec une zone tampon de 62 400 ha.  Ce bien tri-national porte désormais le nom suivant : les Forêts primaires de hêtres des Carpates et les Forêts anciennes de hêtres d'Allemagne et il est composé de quinze éléments : 5 en Allemagne, 4 en Slovaquie et 6 en Ukraine.

Il est composé de quinze éléments : 5 en Allemagne (2 dans le Mecklenburg, 1 dans le Brandeburg, 1 en Thuringe et 1 en Hesse), 4 en Slovaquie et 6 en Ukraine. Les éléments en Slovaquie et Ukraine sont souvent proches de leurs  frontières communes ou de celles de la Pologne ou de la Roumanie.

Roumanie : il y aurait environ 200 000 ha de forêts primaires dans les Carpates mais ces forêts ne sont pas protégées ni bien délimitées : on verra ce qui sera fait dans les 5 ans à venir, à suivre...

Finlande : la plus grande forêt primaire d'Europe s’y  trouverait : à Uhro Kekknen et couvrirait
 99.000 ha: à vérifier et à approfondir.

 

 

 

Nb – Je conseille de lire le livre de J. Brosse « L’aventure des forêts en Occident », (éd. JC. Lattès, 2000) et je l’ai utilisé (entre autres documents) pour écrire cet article.

 

 

Article mis sur mon blog le 2 avril et modifié le 22 avril 2013.



02/04/2013
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